2254382_224

Les  avocats ont réussi leur démonstration de force. Près de 6000 d'entre eux ont défilé en robe, lundi après-midi à Paris, selon Frank Natali, le président de la Conférence des bâtonniers. Les avocats manifestaient pour obtenir une revalorisation de l'aide juridictionnelle (AJ), le système qui permet un accès à la justice à tous les citoyens, y compris les plus démunis.

"C'est une mobilisation tout à fait exceptionnelle", se réjouit Me Paul-Albert Iweins, président du Conseil national des barreaux, qui représente 45.000 avocats de France. Le cortège est parti de la Place de l'Opéra et s'est dispersé devant le Palais de Justice. Une délégation a été reçue au Ministère de la Justice.

A l'issue de la rencontre, les avocats étaient globalement satisfaits. "Le Garde des Sceaux s'est rallié à l'idée de remettre à plat l'aide juridictionnelle, explique Me Iweins. Un rendez-vous a été pris le 30 janvier pour des Etats généraux de l'Aide juridictionnelle". Pascal Clément a assuré, dans un communiqué, avoir "pris connaissance avec attention des propositions qui lui ont été remises". Pascal Clément avait déjà consenti une hausse de 8% de l'aide juridictionnelle pour 2007, quand les avocats réclamaient une augmentation de 15%.

Les manifestants mettent en avant les implications de ce système en terme de qualité de la justice et d'équité. Sur les banderoles déployées dans le cortège, on pouvait ainsi lire : "AJ chétive, justice à la dérive" ou "Accès à la justice, non à l'injustice". L'autre argument avancé concerne les revenus des avocats dont les clients sont majoritairement bénéficiaires de l'AJ. "Concrètement, cela signifie que les avocats vivent en dessous de leurs coûts de revient, estime Me Iweins. Dans certains barreaux, 80% des gens sont soumis à l'Aide juridictionnelle et cela devient intenable pour les avocats." Pour un divorce, le juriste touche par exemple 520€, "alors qu'il y a des dizaines d'heures de travail", plaide Me Iweins.

A quelques mois des échéances électorales, les  avocats entendent donc poursuivre leur mobilisation sur le terrain politique. Affaire à suivre avec des Etats Généraux le 30 janvier 2007...